REVUE D’EFFECTIF MHSC. Trêve internationale oblige, c’est l’heure d’un premier bilan dans les rangs pailladins. Montpellier n’a pas perdu de temps. Quatre matchs, deux victoires, 8 points, pas un but encaissé, les gyrophares sont tous au vert. En cause : un coaching toujours malin de René le gourou et, surtout, un groupe sérieux et solide.
Ça y est, le mercato est terminé. Huit départs, pour cinq arrivées, les mobiles ont chauffé et les rouleaux de papier fax se sont vidés tout l’été. Ayant préparé l’avenir dès l’hiver (Giroud et Bocaly), le staff pailladin avait anticipé et a su réagir vite, et (plutôt) bien. Alors bien sûr, Costa et Montaño, les pépites de la Mosson, sont partis. Mais c’est le lot de toutes les équipes (et surtout du MHSC depuis 20 ans diront nombre de supporters inquiets au moment de la rumeur « Spahic et Mapou à Arsenal ? » et surtout critiques au moment de la sortie de route prématurée en Europa Ligue. En football, l’essentiel, c’est le présent. Il est assez surprenant après quatre journées. Les Néo-Pailladins sont-ils devenus plus que des produits de substitution ? Que vaut vraiment ce groupe ? Montpellier peut-il encore faire mieux que la saison passée ? Bilan des forces en présence, alors que le MHSC a rempli 20 % de l’objectif maintien en à peine 10 % du championnat.
Ils sont partis (un crève-cœur pour les supporters) :
Johan Carrasso (gardien, 1 million – Rennes) :
On savait qu’il serait impossible de garder deux gardiens pleins d’avenir (jurisprudence Riou/Vercoutre). Parti dans le package de la mort avec Montaño à Rennes, ce futur grand restera doublure, mais d’un gardien international. Ça fait mieux sur le CV.
Victor-Hugo Montaño (attaquant, 6,5 millions – Rennes) :
Ce fut la surprise du chef. Trois rumeurs sur des forums et bim, son transfert est devenu officiel. Victor a parlé de challenge sportif. Son banquier a dû exploser de rire. Mais Victor est affuté : deux buts et une passe décisive en trois matchs. Il sera certainement salué comme il se doit lors de son retour à la Mosson avec les Bretons.
Tino Costa (milieu, 6,5 millions – Valence) :
C’est le transfert qui a le plus déçu les supporters. Au vu des déclarations des Nicollin, on sent que le Tino n’a pas joué le jeu. Mais le temps passe vite. Estrada a déjà trouvé le rythme au MHSC. Pendant ce temps, Tino n’est que remplaçant à Valencia. Vous avez dit justice ?
Ils sont partis (on ne les a pas trop retenus) :
Mourad Benhamida (arrière-droit, fin de contrat) :
Certains supporters se souviendront de ses entrées intéressantes l’an passé. Mais pas plus. Bien maigre pour quelqu’un qui était au club depuis juin 2007 et arrivé plein de promesses dans ses valises en tant que capitaine de… l’équipe réserve de l’O.L.
Julio Colombo (défenseur, fin de contrat) :
Champion du monde des moins de 17 ans avec les Bleuets. Depuis ? Plus rien. Si, le CFA.
Nicolas Sahnoun (milieu défensif, contrat résilié) :
À l’époque (2008/09), tout le monde s’était demandé si ce n’était pas la recrue de trop au milieu. À raison. Trop lent.
Lilian Compan (attaquant, fin de contrat – AS Cannes) :
Cet attaquant relativement élégant et efficace a alterné le bon et le moyen en deux saisons et demie, et a choisi de rejoindre le National. N’a-t-il pas su saisir sa chance ? Ne lui a-t-on pas assez fait confiance ? En tout cas, il aura compté : sans son but arraché à la 90e minute contre Angers (victoire 1-0 du MHSC à la Mosson) à 5 journées de la fin de saison 2008/09, Montpellier n’aurait même pas entamé son sprint final vers la remontée en L1.
Rémy Cabella (milieu offensif, prêt – Arles/Avignon) :
Le jeune milieu offensif, fer de lance de la génération victorieuse de la Gambardella 2009, a tout de suite impressionné Michel Estevan, le coach d’Arles/Avignon. Un départ pour mieux revenir (s’il démontre qu’il n’est pas en sucre) ?
Ils sont arrivés :
Hasan Kabze (attaquant, libre) :
L’énigme du mercato. Recommandé au club par Spahic au mercato d’hiver dernier, apprécié par René Girard, l’attaquant international turc a immédiatement poussé Karim Aït-Fana sur le banc de touche. Hargneux, combattif, cette véritable hyène des surfaces a commencé la saison sur courant alternatif, entre moments de grâce et invisibilité. Depuis Monaco, on le sent plus présent. C’est lui qui a donné la superbe balle de but à Giroud contre Valenciennes.
Marco Estrada (milieu polyvalent, 1 million – Universidad de Chile) :
Latino, petit gabarit, cheveux bruns, gaucher, Marco est le portrait-robot de Costa mais n’a pas du tout le même profil footballistique. Plus défensif que Tino, il ajoute à la densité de l’équipe. Le temps de se faire au 4-3-3 de René Girard et le Chilien est en train de faire mal à toute la Ligue 1. Célébré comme le messie par toute la presse, il propose un jeu fleuri, alternant grigris efficaces, ouvertures bien pensées et coups francs dangereux. Une affaire en or ? Pas pour la presse à laquelle « il ne voudrait pas parler » selon le club.
Olivier Giroud (avant-centre, 2 millions – Tours FC) :
« Gigoal » n’était pas encore arrivé à Grammont qu’il était déjà le chouchou des supporters. Surtout, il est arrivé avec un statut à défendre : celui de meurtrier de la ligne de but. Après une cacahuète en Hongrie, Olivier a été maladroit pendant trois matchs. Alors qu’on sentait une pointe de doute, Olivier a su ajuster sa mire marquant le but de la victoire à Valenciennes. Il a lancé sa saison et celle de Montpellier qui est monté sur le podium.
Garry Bocaly (arrière droit, 0,8 million – Marseille) :
Garry, c’est déjà une longue histoire avec la Paillade. Performant lors de la saison de la montée, il est ensuite allé cirer le banc à Marseille, avant de revenir en prêt cet hiver. Signé pour de bon cet été, Garry a eu la bonne idée de marquer le but de la victoire contre Bordeaux. À part cela, on le sent encore en rodage. Pas mal secoué contre Caen et à Valenciennes, il n’est pas encore totalement dans le coup.
Romain Armand (attaquant, retour de prêt – Clermont) :
Le tueur du CFA (54 buts en 100 matchs avec le MHSC II) qui n’a pas encore percé. Depuis son retour, il a montré une sacrée envie, notamment lors de la réception de Györ. Il mériterait qu’on lui donne un peu plus sa chance, mais ils sont nombreux dans ce cas chez les jeunes du club.
Ils étaient là l’an dernier :
Geoffrey Jourdren (gardien) :
Ah, s’il n’y avait eu ce match contre Györ… La fête aux casquettes. Dommage. Depuis, quelques claquettes rassurantes et quelques frayeurs dont il a le secret, Geoffrey est invaincu depuis quatre matchs (le seul de Ligue 1). L’an passé, il avait tenu cinq rencontres et demie. Record à battre.
Émir Spahić (libéro) :
La très bonne surprise du mercato de l’été 2009 est toujours là. La faute à une ville qui lui va bien, où il se sent comme à la maison. Et surtout à la présence d’amis aux noms qui riment avec le sien (Karabatic, Bojinovic, Dzodic…). Un clan des « itche » qui a sans doute fait remarquer à Émir que ses premiers matchs étaient moyens. Relançant de façon assez hasardeuse, pas très bien placé dans les duels, le boss des lignes arrières a attendu le match contre Monaco pour rappeler qu’il est un cador. Une fois le rêve Arsenal bel et bien enterré…
Mapou Yanga M’biwa (stoppeur) :
Qu’il en a parcouru du chemin depuis ses premiers matchs en Ligue 2. Devenu polyvalent, Mapou est désormais un défenseur à craindre. Solide, rugueux, créatif, assez technique pour ne pas être un Bobo Baldé, et pas farouche quand il s’agit de monter, Mapou donne de l’air à cette équipe. Depuis le début de la saison, c’est sa faute si la défense de Montpellier est autant respectée. Sélectionné avec les Espoirs en ce mois de septembre, comment ne pas le voir chez les grands Bleus d’ici quelques années ?
Cyril Jeunechamp (arrière-gauche) :
Combien de cartons rouges Cyril a-t-il reçus depuis la reprise ? Zéro. Ce chiffre est le symbole de l’évolution du bonhomme. Impossible à contenir et hargneux l’an passé, Cyril, sans doute recadré par René et ses collègues, a décidé de se faire remarquer autrement. Grands ponts, ouvertures, débordements, repli malin, interceptions sur un pas, Cyril montre qu’il est autre chose qu’un bûcheron ouzbek. À quand un but ?
Romain Pitau (milieu défensif) :
Fidèle à sa saison précédente, Romain est la meilleure lessiveuse de Loulou. Véritable nettoyeur vapeur de ballons, il lave plus blanc que blanc le jeu pailladin et détache sans effort la défense des offensives adverses. Il est sans doute le joueur le plus important de René Girard, tout en restant toujours dans l’ombre. L’anti-star de rêve.
Joris Marveaux (milieu relayeur) :
Longtemps blessé, Joris a encore besoin de temps. Régulièrement un peu à contresens, il a l’air de peiner dans le 11 de départ. Mais René a décidé de lui faire confiance. Contre Valenciennes, il était sur la bonne voie.
Souleymane Camara (attaquant) :
Souley est orphelin de Montaño et ça se voit. Ensemble, ils aimaient marquer leur « petit » but après quelques une-deux. Depuis le départ du Colombien, Souleymane se bat seul sur son aile. Entre fulgurance et maladresse, il laisse une drôle d’impression. Le genre de mec qui peut dribbler toute une défense et frapper en touche.Aït-Fana ferait-il mieux ? C’est la question du moment. Offensivement, peut-être. Défensivement, certainement pas.
Jamel Saihi (milieu défensif) :
Remplaçant officiel du coach, Jamel est très pote avec la 60e minute. À chaque entrée, il apporte de la rigueur au milieu et quelques frappes intéressantes devant. Un second souffle qui a son importance au moment de tenir un score.
Younès Belhanda (milieu polyvalent):
L’an passé, c’était le tube de l’été. Titularisé comme ailier, Younès avait réalisé une première moitié de saison digne d’un grand. Il a perdu pas mal de sa spontanéité et de fluidité dans son jeu par la suite. Dorénavant, Younès est plus attendu. À chaque entrée, il montre qu’il a un bon stock de talent. Provocateur, c’est une machine à fournir des coups francs à Estrada. Utilisé comme joker, il met une dose d’amphétamines dans le jeu pailladin.
Ça ne sent pas très bon pour eux :
Geoffrey Dernis (milieu offensif) :
Depuis ses débuts un peu catastrophiques l’an passé, on dirait que Geoffrey a perdu beaucoup de crédit auprès du coach. Pièce maîtresse de l’ambiance dans le vestiaire, il a l’air reparti pour une saison galère. Avant un départ à Noël ?
Grégory Lacombe (milieu offensif) :
Sa rentrée contre Caen à la 80e minute a sonné comme un aveu d’impuissance. Après une arrivée flamboyante en 2007, Grégory s’est éteint, lentement. Quand il entre, il n’est trop souvent qu’une ombre. Geoffrey-Grégory, même combat ?
Abdelhamid El-Kaoutari (défenseur central) :
Lancé pour suppléer Dzodic la saison dernière, Abdé a impressionné par son assurance et sa maturité. Mais il a franchement baissé de niveau et quelques boulettes ne sont pas passées inaperçues. Ses matchs de reprise n’ont pas été vraiment rassurants. D’autant que Stambouli rôde dans le coin.
Karim Aït-Fana (milieu offensif) :
En juillet, la presse spécialisée l’annonçait comme possible international. Il n’en fut rien. Depuis Karim souffre de l’arrivée de Kabze. Le Turc, technique lui aussi, le domine sur le repli défensif et le sens du sacrifice. Contre Györ, Karim l’a jouée bien trop perso et a forcément déçu coach René. La fin d’une idylle ? L’anguille électrique n’a sûrement pas dit son dernier mot.
Nenad Dzodic (défenseur central) :
Qui peut dire aujourd’hui comment va Nenad ? Blessé en hiver, pour quelques semaines puis quelques mois, le joueur n’a pas l’air prêt à reprendre. Il serait triste que sa carrière se termine ainsi. Mais depuis huit mois, elle tourne, cette défense.
Xavier Collin (arrière-gauche) :
L’an passé, il compensait son manque de vitesse par son envie et sa grinta. Mais contre Györ, le joueur le plus âgé de l’effectif (36 ans) a été totalement hors du coup. Alors que toute une colonie de Gambardella frappe à la porte, ça sent la fin.
Laurent Pionnier (gardien) :
Sauf surprise, Laurent, le « Pailladin n°1 », sera et restera numéro 2 cette saison.
À surveiller :
Benjamin Stambouli (photo) a fait plusieurs matchs intéressants en pro depuis juillet, notamment contre Bordeaux. Encore un peu vert mais très prometteur. Fodé Koita, ex-capitaine de la Gambardella, a eu quelques fois la chance de se montrer en attaque malgré les blessures la saison passée, mais il n’a pas encore confirmé. On continue de croire en lui. Anthony Scribe, s’il n’est pas encore prêté cette saison, pourrait représenter une bonne roue de secours dans les cages de Montpellier. Mais depuis cet été, le jeune Jonathan Ligali a aussi fait son apparition dans l’effectif des pros. Abondance de biens ne nuit point ? Mickaël Nelson, mis à l’essai dans un club du championnat de Belgique à l’intersaison, n’y a pas été retenu. Ce qui veut tout dire ? Teddy Mezague aimerait marcher sur les traces de son grand frère Valery. En général, toute la génération Gambardella 2009 (Dimitri Sarasar, Guillaume Legras, Jonas Martin et Adrien Coulomb qui sont passés pros ses derniers mois…) constitue une réserve de fraîcheur qu’il serait vraiment dommage de ne pas exploiter. À moins que le club ne mette la main à la poche pour recruter au mercato d’hiver. Le MHSC n’est-il pas le club affichant le meilleur bénéfice ventes/achats (10,2 M€) de l’intersaison ? Les supporters demandaient, il y a peu, du renfort en attaque. Nous aimerions dire que la Paillade n’en a pas besoin. Dans aucun secteur de jeu.
Gwenaël Cadoret (photos © La Gaseta)






















































