INTERVIEW MHSC – Après une paire de rencontres poussives sous le maillot montpelliérain (certains pensaient même que c’était une crêpe), Hasan Kabze, est désormais l’une des bonnes surprises du mercato pailladin. Méconnu du grand public, l’attaquant n’en reste pas moins très ambitieux pour la Paillade après avoir tout gagné dans ses clubs précédents (Galatasaray et le Rubin Kazan). Juste avant de mettre dans le coffre de sa Ford Fiesta un siège enfant, une peluche et un pare-soleil coloré (vous avez dit papa poule ?), il s’est livré timidement pour La Gaseta, en anglais.
Si on oublie un instant le footballeur, qui est vraiment Hasan Kabze ?
C’est difficile de répondre à cette question !… J’ai une famille. J’aime le football, c’est pour cela que je fais ce métier. J’ai des hobbys… J’aime passer du temps avec ma famille. On va faire du shopping. On regarde des films à la maison… Comme tout le monde en fait !
Aujourd’hui, vous êtes à Montpellier, après avoir joué à Galatasaray et au Rubin Kazan. Pourquoi un tel parcours ?
Quand j’étais à Galatasaray, je voulais jouer en Europe. J’ai eu deux ou trois contacts en Allemagne et en Hollande. Mais la meilleure opportunité était d’aller en Russie. Ce choix fut le bon. En trois ans, on a été deux fois champion et on a gagné la coupe de Russie. C’était une très bonne expérience. Ensuite, j’ai décidé de venir à Montpellier, parce que le coach m’a convaincu. Et puis c’était une très bonne vitrine. Le championnat français est parmi les meilleurs au monde.
Vous avez été joué 7 fois pour la Turquie en 2006. Vous y pensez toujours, à la sélection ?
Pour être sincère, je suis également venu à Montpellier car la Russie était trop loin de la Turquie, et donc de l’équipe nationale. Je ne sais pas si je vais être à nouveau sélectionné cette année. Mais si je fais tout pour bien jouer à Montpellier, je suis sûr qu’on pensera à moi. Jouer à Montpellier me donne plus de chance d’être international. En jouant tout le temps, on peut montrer ce dont on est capable.
Cela doit vous changer de Galatasaray.
Évidemment. En Turquie, les gens vivent pour le football, du gamin de 8 ans au grand père de 80 ans. Au stade, il y a plus d’ambiance. Tout le public vient pour chanter, pendant tout le match. Il y a beaucoup de gros derbys. Mais il y a trop de pression. Si vous êtes bons, ils sont toujours derrière vous. Mais ils ne pardonnent rien. Je préfère jouer ici. Il y a moins de pression. Tu peux faire ton travail. Tout est plus cool ici.
Vous êtes au MHSC depuis deux mois. Comment cela se passe ?
Tout le monde m’a aidé à m’adapter ici. Il y a une très bonne ambiance dans l’équipe et dans le club. C’est comme une famille. On est très proches les uns des autres. Tout le monde fait son boulot. Tout le monde s’entraide. Les joueurs sont bons. Il y a un très bon mélange entre jeunes et plus âgés. J’avais de bons amis en Russie ou à Galatasaray. Mais ici, c’est différent.
On vous voit très proche de Marco Estrada…
Avec Marco, on s’entend bien. On est arrivé au même moment, on ne connaissait pas du tout la ville, ni la langue. On sort parfois ensemble en ville. C’est plus facile de se comprendre car sa femme parle anglais. Émir aussi est très gentil avec moi. J’avais joué contre lui en Russie. On ne parle pas que de football. On parle de tout, de Russie, de Montpellier. Il m’aide beaucoup.
« Je marquerai contre Nancy, j’espère ! »
Les supporters de la Butte trouvent que vous incarnez bien l’esprit pailladin. Pour preuve, ils vous ont dédié une chanson ! Savez-vous ce que c’est la Paillade, l’esprit pailladin ?
Non, j’avoue que non. Le public est toujours derrière nous. À domicile comme à l’extérieur. Les fans sont très importants. Ils sont toujours là, heureux, à chanter, à croire en nous. On a besoin de la force qu’ils nous apportent. Bien sûr, personnellement, je suis heureux que les supporters aient fait une chanson à mon nom. J’apprécie ce genre d’attention. Quand j’entends cette chanson, cela me rend vraiment heureux et j’ai envie de tout donner sur le terrain.
Que pensez-vous du début de saison ?
En Europa League, on a été malchanceux… On avait fait un bon match à l’extérieur, en gagnant 1 à 0. À domicile, on a été éliminé… C’était un choc. On commençait à peine l’UEFA. Ensuite, il a fallu oublier l’Europe et penser au championnat. On a très bien démarré en gagnant contre Bordeaux. À Monaco, on aurait pu gagner mais on n’a pas eu de chance. C’est un très bon départ. Être invaincu, avec 8 points, c’est parfait !
À titre personnel, vos premiers pas avec l’équipe sont encourageants.
Oui, j’essaye de faire le maximum quand je joue, de faire tout ce que le coach me demande. J’aime me battre pour aider l’équipe, avec le ballon, mais aussi sans, car j’aime revenir aider la défense. L’équipe doit toujours jouer ensemble. Je donnerai tout pour Montpellier.
Les débuts sont un peu plus difficiles pour les attaquants.
Oui. Même si le langage du football est le même partout. Mais parfois, ce n’est pas facile de communiquer. Je ne parle pas encore français. Pendant un match, j’essaye parfois de dire quelque chose mais je n’y arrive pas. Les autres me disent des choses mais je ne les comprends pas. Mais je vais prendre des cours de français. Dans un mois maximum, cela ira mieux.
À Valenciennes, vous avez offert un but à Olivier Giroud. Parlez-nous de cette passe.
C’était instinctif. Quand Camara s’est écarté, je suis allé dans la surface car nous devons toujours être deux dans la surface. J’avais montré à Camara et Olivier comment me donner la balle. Camara m’a fait une passe, et j’ai eu de la chance car la balle a été déviée par Bocaly et est arrivée sur moi. J’avais senti Olivier dans mon dos. Je lui ai envoyé la balle. Il l’a bien reprise. C’était un beau but. Il est heureux d’avoir marqué mais, en fait, nous sommes tous heureux aujourd’hui.
Vous devez être impatient de marquer à votre tour.
Bien sûr ! Qui ne voudrait pas marquer ? Je suis attaquant. Je veux marquer des buts. Je marquerai contre Nancy, enfin je l’espère !
Comment voyez-vous la saison de Montpellier ?
Si on continue comme cela, je pense qu’on pourrait avoir beaucoup de succès cette saison. On pourrait faire aussi bien que l’an dernier. Peut-être même mieux. L’an passé, il nous a manqué deux ou trois points pour la Champion’s League. C’était malheureux. Cette année, j’espère qu’on aura plus de chance ou qu’on ne fera pas les mêmes erreurs. Si on continue à jouer comme cela, en bloc, on peut aller plus loin.
Propos recueillis par G.C.
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Un bon joueur qui en plus à un super état d’esprit (l’ayant vu à Grammont). Il travaille bien et à l’air à 100% investi dans les objectifs du club !
Allllezzzzz HASAAANNNN !